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Franck Lepage – Reporté

conférence gesticulée | Inculture(s) 1

09

octobre
sam 17:00
Conférence gesticulée de et par
Franck Lepage
Durée
5h (+ entr’acte)
Dimanche 10 octobre

Cette conférence fleuve passionnante sera suivie le lendemain, dimanche 10/10 (de 10h à 14h) par un atelier de désintoxication à la langue de bois animé également par Franck Lepage.

Dans le contexte sanitaire actuel, et après de nombreux échanges ces derniers jours avec une partie du public de Franck Lepage, nous avons décidé d’un commun accord de reporter sa venue à la saison prochaine.
Si vous aviez réservé pour la conférence et où l’atelier, nous ne manquerons pas de vous contacter dans les meilleurs délais.

Inculture(s) 1 « L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu… »

Célèbre militant de l’éducation populaire, Franck Lepage raconte aux autres ses « contre-vérités ». Entre conférence et spectacle à l’humour féroce, ses conférences gesticulées, c’est un peu David contre Goliath.

C’est ce qui m’est arrivé. Et c’est l’histoire que je vais vous raconter. Quand je dis : « J’ai arrêté de croire à la culture », entendons-nous bien, c’est idiot comme phrase ! Non, j’ai arrêté de croire, pour être très précis, en cette chose qu’on appelle chez nous « la démocratisation culturelle »… C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches ! Qu’on va les « cultiver » en somme. Voilà, c’est à ça que j’ai arrêté de croire. Je faisais ça dans les banlieues, c’est là qu’ils sont souvent, les pauvres… Et donc, je leur balançais des charrettes d’engrais culturel, essentiellement sous forme d’art contemporain et de « création ». Il y a beaucoup de fumier dans l’art contemporain. De la danse contemporaine, du théâtre contemporain, de la musique contemporaine… pour les faire pousser. On parle aussi de réduction des inégalités culturelles ou « d’ascension sociale » par la culture. Mais j’ai compris bêtement un jour que les riches avaient les moyens de se cultiver toujours plus vite… C’est là que j’ai arrêté de croire.

Un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’exploitation s’appelle gestion des ressources humaines et l’aliénation s’appelle projet. Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’infini. Des « concepts opérationnels » qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme même quand nous pensons naïvement le combattre… Georges Orwell ne s’était pas trompé de date ; nous avons failli avoir en 1984 un « ministère de l’intelligence ». Assignés à la positivité, désormais, comme le prévoyait Guy Debord : « Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon. »

Tarifs
conférence seule : E
atelier seul : H
les deux : B
Plein tarif
18€
10€
25€

 

Tarif réduit
15€
8€
22€
sam

09

octobre
17:00

Franck Lepage

conférence gesticulée | Inculture(s) 1